UNE DÉCISION SYMBOLIQUE QUI INTERROGE !

LA BAISSE DES INDEMNITÉS DU MAIRE : UN GESTE POPULISTE ?

La décision du maire de réduire volontairement ses indemnités peut, à première vue, apparaître comme un acte de vertu républicaine. En réalité, ce geste mérite d'être examiné avec lucidité, car il relève bien souvent d'une stratégie de communication . À chacun de se faire avis !


POUR OU CONTRE ? LE MATCH EST LANCÉ !

Les indemnités du maire représentent une part infime du budget d'une commune. Dans la plupart des collectivités, cette dépense pèse moins de 1 % du budget de fonctionnement. Réduire cette enveloppe ne produit donc aucun effet significatif sur les finances municipales. L'économie réalisée est dérisoire au regard des enjeux budgétaires réels, mais elle offre un argument de tribune commode, destiné à donner l'illusion d'une gestion rigoureuse.

TOUT LE MONDE A UNE OPINION ! VOICI LA NÔTRE !

Le législateur a fixé le montant des indemnités des élus locaux non par générosité, mais par nécessité démocratique. Ces indemnités visent à garantir que la fonction de maire ne soit pas réservée aux seuls citoyens disposant de revenus personnels suffisants. Elles sont la condition d'une représentation politique ouverte à tous, quels que soient l'origine sociale et le niveau de patrimoine. En renonçant ostensiblement à une partie de sa rémunération, le maire envoie un signal implicite mais puissant : exercer un mandat local ne mériterait pas d'être correctement rémunéré.  En banalisant cette pratique, on favorise l'accès aux responsabilités de ceux qui n'ont pas besoin de cette rémunération, au détriment de ceux pour qui elle est indispensable car leur engagement citoyen peut provoquer une baisse de revenus professionnels. 
Notons ici que cette baisse n'a pas été décidée pour les adjoints au maire !
 
Plutôt que de céder à la facilité d'un geste symbolique, un maire soucieux de l'intérêt général devrait démontrer son engagement par la qualité de sa gestion, la transparence de ses décisions et le respect qu'il accorde à l'ensemble des élus qui l'entourent , y compris ceux de l'opposition. La démocratie locale mérite mieux qu'un concours de renoncements en vitrine.
NICOLAS CLAVIER